
D’Hier…
Gâce à des
recherches aux archives, nous savons que le Moulin de la
tour date du 16ème siècle.
Nous avons retrouvé des documents concernant le moulin
jusqu’en 1772. Sur un acte notarié du
11 septembre 1772, le moulin appartenait à Dame Catherine
de Monzie, veuve de Monsieur Joseph de Fénis, conseiller
du roi, lieutenant particulier au présidial et sénéchal
de la ville de Sarlat. Cette dame habitait le château
de Massaud, situé au dessus du Moulin de la Tour.
A l’époque, la plupart des châteaux possédait
leur propre moulin à farine et huile dans lesquels
des paysans, exploités par les propriétaires
du château, le faisaient fonctionner.
Le
Moulin de la tour est composé de deux moulins :
le moulin à farine de blé et
le moulin à huile. Chacun possède
sa propre roue à auges et sont toutes deux actionnées
par l’eau de la rivière l’Enéa.
Cette rivière prend sa source à Proissans (à 3km
en amont du moulin) et se jette dans la Dordogne à Carsac
(à 10km).
Le
moulin à farine possédait plusieurs
paires de meules pour faire moudre le grain (blé)
et le transformer en farine. Aujourd’hui,
il en reste une paire dans le hall d’accueil
du moulin.
En
octobre 1946, Monsieur Armand
BREGEGERE (le grand-père maternel de l’actuelle
propriétaire, Madame BORDIER) quitte Paulin
pour réaliser son rêve et acheter
un moulin. Il s’installe au Moulin de la
tour avec Eulalie, sa femme et Madeleine, sa fille
(René, son fils étant déjà marié et
restaurateur à Salignac, près du
berceau familial, la ferme de la Meynardie à Paulin).
En
avril 1947, Madeleine BREGEGERE épouse
un jeune fermier de Sainte-Nathalène, Urbain TACHE.
Urbain devient meunier du moulin à farine. A l’époque,
le moulin à farine représentait la principale
activité, en fabriquant la farine de blé pour
les boulangers. C’est sur sa charrette, accompagné de
son cheval qu’Urbain parcourait la région pour
livrer sa farine chez les boulangers pour la fabrication du
pain. Quant au moulin à huile, cette activité était
secondaire. Les gens venaient faire presser leurs noix l’hiver,
après la récolte, le séchage et le rituel
du cassage et de l’énoisage devant la cheminée,
pour repartir avec leur stock d’huile de noix pour l’année.
D’après
les dires des anciens locataires du Moulin de la tour, les
deux moulins auraient beaucoup fonctionné pendant
la seconde guerre mondiale et en particulier la nuit. C’est
en période de pénurie, que ces denrées
comme l’huile et la farine étaient très
rares et les gens venaient en charrette accompagnés
de leurs chevaux pour échanger leur blé et leurs
noix pour de la farine et de l’huile.
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Il
y aussi un four à pain situé près
de la retenue d’eau derrière le moulin où était
fabriqué le pain grâce à la farine
du moulin. Francine BORDIER, fille d’Urbain se
souvient de son grand-père, Armand qui y fabriquait
son pain.
Dans
les années 50, il existait plus de
dix moulins à eaux sur cette rivière (moulins à huile
et à farine), ce qui nous laisse imaginer l’importance
du marché de l’époque.
Dans
les années 60, Urbain TACHE transforme
le traditionnel moulin à farine en moulin à cylindres,
l’activité du moulin à farine étant
très importante.
Puis,
l’activité du moulin à huile se développe dans
les années 70-80. Urbain crée un commerce
car la demande est là. Des magasins de Sarlat souhaitent
vendre cette huile de noix et c’est ce jour-là que
tout a commencé…Urbain combine alors les métiers
d’agriculteur, de meunier et aussi de moulinier.
En 1995,
il arrête l’activité du moulin à farine.
La demande ne cesse de baisser. Les boulangers achètent
la farine à des minoteries industrielles permettant de fournir
en grande quantité et à moindre prix ; d’autre
part, le commerce de l’huile de noix était en plein
essor.
À aujourd’hui…
Francine
BORDIER, une des deux filles d’Urbain TACHE veut réaliser
son rêve de petite fille : reprendre l’affaire
du moulin à huile et développer ce commerce.
C’est chose faite depuis 1988 et accompagné de
son mari Jean-Pierre, actuel dirigeant du commerce.
Le commerce se développe
alors peu à peu avec la vente d’huiles dans des
magasins de la région mais aussi sur place avec le plus
pittoresque : la mise en bouteille de l’huile devant
le client dans le moulin ! Les gens peuvent aussi amener
leurs noix durant l’hiver pour les faire presser et repartir
avec leur huile, moyennant le prix de la prestation de service.
Aujourd’hui,
la région sarladaise étant réputée,
beaucoup de touristes visitent toute l’année, en
particulier en saison estivale la fabrication comme dans le temps
de l’huile de noix mais aussi depuis quelques années
de noisettes et amandes. A la suite d’une visite guidée,
ils dégustent les huiles et autres produits du moulin.
Le magasin sur place propose les huiles vierge de noix, noisettes
et amandes du moulin, et autres produits dérivés
: vinaigres, moutardes, gâteaux, noix et cerneaux,
apéritif et liqueur, confiseries…
Aujourd’hui
la SARL Moulin de la tour vend ses huiles et autres produits
dans dans toute la France, et à l’étranger
(Suisse, Allemagne, Angleterre, Belgique, Etats-Unis…).
Cette petite
entreprise est restée artisanale et familiale
avec aujourd’hui des employés à l’année
pour l’embouteillage, la fabrication, les visites
et d’autres saisonniers pour suivre la demande
plus importante en période estivale. Deux
représentants se chargent de la commercialisation
des produits à travers la région Sud – Ouest.
Cette
affaire est reprise de père en fille depuis
1947 et Francine BORDIER est la 3ème
génération. |